OGM : le combat européen

Publié le par Tous Vivants

 

 

 

----- Original Message -----
From: "Benoît LUTGEN" <
benoit.lutgen@ gov.wallonie. be>
To: "'Eléonore Visart'" <
rebelle@eleonorevis art.be>
Sent: Thursday, July 02, 2009 11:00 AM
Subject: RE: Autorisation des maïs Bt11 et 1507 et Moratoires Nationaux /
Toelating van Bt11 en 1507 en Nationale Verboden

Chère Madame Visart,

Votre courrier a retenu toute mon attention et je vous en remercie. Comme
vous, je ne tolère pas que la santé de nos concitoyens, l’environnement et l’avenir de notre agriculture biologique et traditionnelle soient mis en danger.

Le mardi 2 mars, la Commission européenne a proposé la levée de la clause de sauvegarde de l’Autriche et de la Hongrie en ce qui concerne le maïs
génétiquement modifié produit par Monsanto, le MON 810. Je me suis opposé à cette proposition de la Commission européenne.

Par ailleurs, tant que les procédures d’avis et de reconnaissance actuelles
au niveau européen n’ont pas évolué, un moratoire sur les autorisations d’OGM devrait être instauré. Dans cette matière, la souveraineté des Etats membres devrait prévaloir tant qu’un éclairage socio-économique et éthique ne complète pas les avis scientifiques de l’agence européenne.

En ce qui concerne la réglementation européenne bio, j’ai refusé, dès les
premières discussions en décembre 2006, la proposition de la Commission
européenne. Lors du Conseil des Ministres, en juin 2007, j’ai demandé à la
délégation belge d’exprimer un vote défavorable. En dépit de cette
opposition, l’Europe a adopté son nouveau règlement relatif à la production
biologique et à l’étiquetage des produits biologiques.

Cette décision, qui déforce l’agriculture biologique (en introduisant la
tolérance d’une présence « accidentelle » d’OGM pouvant atteindre 0,9 % dans les produits biologiques) , est, selon moi, en totale contradiction avec les
objectifs wallons de développement d’une agriculture basée sur des liens de
confiance forts entre producteurs et consommateurs et sur des produits de
haute qualité.

Nous devons garantir les spécificités, l’authenticité et la qualité des
produits issus de l’agriculture et de l’horticulture familiale wallonne !
Nous devons également sauvegarder le principe de souveraineté alimentaire
que des multinationales comme Monsanto souhaitent mettre à mal. C’est
pourquoi, en vertu du principe de précaution, j’ai pris toutes les mesures
possibles pour éviter la culture d’OGM sur le sol wallon.

La position que je défends en terre wallonne n’est pas partagée par l’ensemble
du pays, ni par l’ensemble des pays de l’Union Européenne ou encore par la
Commission européenne qui, comme dans d’autres domaines, se montre libérale.
Toutefois, je demeure inflexible dans mon combat contre la culture des OGM
en Wallonie.

Mon décret « anti-OGM » (relatif à la coexistence des cultures de plantes
génétiquement modifiées avec les cultures conventionnelles et les cultures
biologiques) a été adopté par le Parlement wallon le 12 juin 2008. C’est
cette position que je continuerai à défendre avec les « Régions d’Europe
sans OGM ».

Récemment, je me suis encore opposé au projet d’expérimentation à l’air
libre de peupliers génétiquement modifiés. Portée à l’échelle industrielle,
la culture des peupliers génétiquement modifiés dans un champ en plein air,
soutenue par l’Institut flamand de biotechnologie (Vlaams Instituut voor
Biotechnologie - VIB), pourrait faire courir un risque de dissémination
inacceptable.

Considérant ce projet flamand comme une véritable menace pour la forêt
wallonne, je m’y suis fermement opposé et mes représentants au sein du
Conseil fédéral de Biosécurité s’y sont opposés, à l’inverse de la
représentante Ecolo au sein du Gouvernement bruxellois lors du premier
examen de cette proposition.

Par ailleurs, je considère la récente décision des Ministres Paul MAGNETTE
et Laurette ONKELINX d’autoriser la culture de peupliers génétiquement
modifiés en Belgique comme déplorable. Au nom du principe de précaution et
de l’avenir de la forêt, se lancer dans une telle aventure est totalement
inacceptable.

Je regrette que les Régions n’aient pas été concertées par les Ministres
fédéraux avant qu'ils ne prennent leur décision.

C’est assez surprenant dans la mesure où le Ministre Paul MAGNETTE s’était
engagé à privilégier la concertation sur ce type de dossier lors du
printemps de l’environnement.

Lors de ce même « printemps », des engagements avaient également été pris
pour créer un conseil socio-économique permettant d’exprimer des avis autres
que scientifiques sur des demandes de commercialisation ou de mise en
culture d’OGM.

A ce jour, une telle instance, qui aurait pu amener un tout autre éclairage
dans ce dossier, n’a toujours pas vu le jour. Au vu de la décision prise au
niveau fédéral, je le regrette amèrement.

Enfin, je vous prie de trouver en annexe le courrier que j’ai envoyé à l’ensemble
des communes wallonnes en les incitant à se déclarer « commune sans OGM »
ainsi que la motion que je leur suggère d’adopter.

Restant à votre disposition, je vous prie d'agréer, chère Madame Visart,
l'expression de ma considération distinguée.

Benoît LUTGEN
Ministre wallon de l’Agriculture, de la Ruralité, de l’Environnement

 

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François LITTERST, membre du Bureau National de TOUS  VIVANTS, conforte les positions du Ministre wallon de l’Agriculture et leur donne une extension très pertinente.

 

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Bonjour à tous,

 

Je me demande bien où est l'intérêt des peupliers génétiquement modifiés hormis le fait de bricoler un système en équilibre et de jouer à l'apprenti sorcier ?

 

Nous voyons une de fois de plus, la volonté de domination de l'homme sur la nature qui selon les dires mêmes de Monsantau est imparfaite et doit être corrigée.

 

Cette vision des choses autorise tout, y compris la déforestation des forêts primaires dans le monde comme à Borneo pour y planter des palmeraies à perte de vue destinées aux agrocarburants et permettre ainsi de respecter les objectifs de la commission européenne de remplacement à hauteur de 10% des carburants fossiles par des agrocarburants.

 

Je vais dans les jours qui viennent adresser un courriel de protestation auprès de la commission européenne pour y dénoncer les excès de consommation d'énergie sous toutes les formes et notamment nucléaire.

Je mentionnerai également le problème des palmeraies qui tuent la biodiversité et condamne la population indigène comme à Borneo, à la famine.

 

Les pics de consommation d'électricité enregistrés pendant la semaine 27/09 site aux fortes chaleurs a nécessité d'importer de l'électricité et constitue pour EDF un bon argument en faveur de la multiplication des centrales en France et dans le monde.

 

Je ne manquerai pas de faire des propositions constructives à la commission européenne pour redresser cette situation.

 

Amitiés

 

François LITTERST

Publié dans Mesures concrètes

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