Le retour (?) de l'animal de trait

Publié le par Tous Vivants

Dans la relation de l’être humain à « l’animal de trait », il est possible de distinguer deux périodes. La première, plusieurs fois millénaire, exprimait une relation de « nécessité », la seconde, émergente, est l’expression d’un « choix ».

 

Qui ne se souvient de ces fresques égyptiennes où l’âne tirait une charrue ou portait bagages, de ces images d’Epinal  où, ici,  une paire de bœufs et là des chevaux tractaient charrues, calèches, carrioles et carrosses….

 

Qui n’a vu aujourd’hui encore –au moins à la télévision – ces chiens de traîneaux ou ces éléphants majestueux à l’œuvre.

 

Ainsi, pendant des millénaires, les êtres humains, par stricte nécessité, ont fait de certaines espèces animales des animaux de trait.

 

La révolution énergétique a plongé dans les oubliettes de l’Histoire et de l’obscurantisme ces différents modes de port et de traction.

 

Qu’en est-il alors de ces résurgences ci-dessous ? Où plutôt ne s’agit-il pas « d’émergences » ?

L’animal de trait correspondant cette fois à un choix.

 

Le  magazine municipal d’information de la Mairie de Paris*, sous la rubrique « écologie » informe ses lectrices et lecteurs que :

 « En toute saison, dans les parcs et jardins de la Ville de Paris et sur le parcours de la petite ceinture, vous pourrez voir des chevaux de trait au travail. Ce sont de petits ardennais, robustes et peu farouches, qui tirent des remorques équipées de bombonnes d’eau pour les arrosages des pieds d’arbres et des massifs en été, des remorques de ramassage des feuilles mortes. Ils sont aussi capables de tirer un tronc d’arbre, de guider une charrue dirigée par un agent. Plus de bruit de moteur…Plus de pollution d’essence. Avec leurs sympathiques petits chevaux, les parcs et jardins de la Ville de Paris confirment leur vocation à réduire les nuisances polluantes. »

 

Une petite annonce de la revue Végétariens Magazine – Revue des Bio et des végétariens – [N° 23 – Novembre décembre 2008] indiquait déjà :

«  Nous avons un projet d’exploitation vitivinicole à échelle humaine avec traction animale…Le projet consisterait à produire des vins de qualité en biodynamie sur des terroirs à forte valeur ajoutée et à handicap naturel, que l’on pourrait valoriser par le travail manuel et la traction animale... »

 

Et déjà, la traction animale fait débat. Végétarien Magazine N° 25 rapporte les propos contradictoires du courrier des lecteurs pages 34 et 35…

 

Pour l’un,  « l’animal de trait » est un esclave ! Pour d’autres : « C’est bien sûr contre-nature d’obliger un animal à travailler, mais l’animal qui travaille pour l’homme est-il forcément malheureux ? » ou encore : « Cette complicité mieux qu’une autre contribue au respect du règne animal et à une mutuelle compréhension. »

 

TOUS  VIVANTS réaffirme avec fermeté que dans le cadre du Respect du Vivant et de tout être sensible humain et non humain, la relation à l’animal est une des préoccupations majeures du 21ème siècle.

 

En renonçant à la discrimination à l’égard de l’être animal sensible, TOUS  VIVANTS s’engage à faire prendre conscience de l’innovant rapport à l’animal basé sur le droit à ne pas être soumis à la violence, à la brutalité et au mépris de sa sensibilité.

 

  • N° 30 - trimestriel printemps 2009

 

TOUS  VIVANTS

http://www.tousvivants.org

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« Nous n’avons pas créé TOUS  VIVANTS pour avoir le pouvoir mais pour donner du pouvoir à celles et ceux qui partagent cette éthique et ces valeurs. »

Isabelle SOUBIRAN

Présidente Fondatrice

isabelle.soubiran@tousvivants.org 

tel : 06 74 02 48 79

 

 

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jean-claude Hubert 10/03/2009 08:38

Votre appréciation de la relation entre l'être humain et l'être animal me semble vraiment digne d'intérêt : elle allie avec bonheur la notion de "compagnon" et la notion d'aide mutuelle et réciproque, dans les limites de la responsabilité et de la réconciliation humaine.
Merci pour ce commentaire très pertinent.
Jean-claude Hubert
Secrétaire Général de TOUS VIVANTS

samuraï 09/03/2009 14:39

Aider l'humain dans ses tâches quotidiennes en respectant les rythmes de vie de l'Animal devient pour ce dernier une joie d'aider l'homme, son compagnon.

A condition que le soucis de rentabilité n'amène pas l'homme à asservir l'animal.

Il faut que l'homme travaille AVEC l'animal pour que l'équilibre de la relation soit respecté sans que la notion d'exploitation intervienne.