Ce qui nous a séparés, hier...ce qui nous réunit aujourd'hui...

Publié le par Tous Vivants

 

L’âme a été la première source de discrimination entre les hommes blancs qui en avaient une et ceux : les noirs, les femmes et les animaux qui n’en avaient pas.

 

Ceux,  comme l’écrit si justement Boris Cyrulnik *, "que l’on peut baptiser et ceux que l’on peut cuisiner ! "

 

Puis la «  Raison » est venue couronner de lauriers la tête de l’Homme dressé sur son piédestal au-dessus des autres espèces !

 

Et l’on croyait avoir définitivement fini la démonstration avec la « Liberté » qui caractérisait l’Homme en s’opposant  scientifiquement à la soumission des animaux à l’instinct.

 

Ainsi l’âme, la raison et la liberté devaient conférer à l’Homme le statut de Maître de l’Univers et la puissance absolue à l’égard des autres espèces…par les siècles des siècles !!
 

C’était sans compter sur la « souffrance » !!

 

Les deux dernières guerres mondiales (1914-1918  et  1939-1945) par leurs cruautés, leurs barbaries et leurs mépris ont cristallisé des souffrances, les souffrances en une gigantesque souffrance planétaire.

 

Les terrorismes qui leur ont succédé actualisent chaque jour cette souffrance en chacune de nos consciences.

 

Tout attentat dans le monde se chiffre en nombre de morts mais pas en images des corps déchiquetés, des mares de sang encore chaud, mais pas en cris inhumains, mais pas en familles détruites, mais pas en désespoir…

 

Le lapin, le lièvre, le pigeon, l’alouette, le sanglier que l’on tire n’apparaît pas non plus au journal de 20 heures.

 

Le cerf que l’on poursuit jusque dans les jardins des particuliers et que l’on achève à coups de couteaux : jamais vous ne verrez ses yeux aux moments où la lame le pénètre.

 

Le taureau dans l’arène, le taureau dont le sang ruisselle ne beugle pas. Au fait pourquoi ne beugle-t-il pas ? Lui aurait-on, par hasard, sectionné les cordes vocales ?

 

Les cobayes dans les laboratoires : pourquoi ne font-ils jamais l’objet d’un reportage ?

 

Cette souffrance que nous savons toujours présente, toujours possible, nous la lisons dans le regard des enfants, de nos proches, des personnes que l’on croise mais aussi dans les yeux de notre chat, de notre chien, dans les yeux d’un cheval…

 

Les défenseurs des animaux l’ont compris : la souffrance n’est pas le « propre de l’Homme » !

 

La souffrance est le propre de tout être sensible, humain et non humain !

 

Qui peut aujourd’hui honnêtement et sincèrement prétendre le contraire ?


* Boris Cyrulnik dans " L'ensorcellement du Monde".
 

Jean-Claude Hubert

Secrétaire Général de Tous  Vivants

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