Les deux visions de l'animal : la vision humaniste et la vision bio

Publié le par Tous Vivants

Deux visions de l’animal : la vision humaniste et la vision bio.

 

Beaucoup de personnes s’accordent pour reconnaître, depuis quelques décennies, l’émergence d’un nouveau rapport à l’animal.

Sans doute est-il nécessaire de rappeler ce qu’est la vision humaniste de l’animal, encore majoritaire aujourd’hui.

 

Le vocabulaire de l’une et de l’autre est significatif de leur différenciation.

Quand la vision humaniste parle de « bien-traitance » de l’animal, la vision bio parle de « bien-être », par exemple. 

 Quand la vision bio parle de cruauté, de torture et de barbarie à l’égard de l’animal, la vision humaniste affirme que dans la Nature, la cruauté n’existe pas : la seule loi est celle de la vie : le plus grand mange le plus petit, le plus fort mange le plus faible, le plus rapide mange le plus lent…

Chaque vision s’est forgée un langage et un discours spécifique.

 

Mais la différenciation ne s’arrête pas au vocabulaire.

La vision humaniste de l’animal est à l’image de la vision humaniste à l’égard de la planète.

Pour l’humaniste, l’animal mais aussi la Nature, la biodiversité… n’ont de valeur qu’en fonction des considérations utilitaires que l’homme peut formuler à leur égard.


Un ancien ministre français de l’écologie*, pour défendre la forêt amazonienne, affirme : « Les forêts primaires sont à l’origine de toutes nos pharmacopées. Il faut donc que ces forêts soient gérées comme des biens publics mondiaux par la communauté internationale. »

Un ex-vice président** du Mouvement Ecologiste Indépendant (MEI)  affirme dans le même sens : « Parler des plantes qui doivent être préservées comme réservoirs de remèdes est plus efficace que de plaider pour leur droit à la vie. »


Ce n’est pas la vision bio exprimée dans le manifeste pour une écologie éthique*** : « La Nature mérite d’être sauvée pour ce qu’elle est et non pour l’intérêt immédiat de l’Homme. Aucune espèce ne doit disparaître du fait de l’artificialisation de la terre, quand bien même cette espèce ne fournirait à l’humain ni molécule pour vaincre le cancer, ni occasion de profits mercantiles (touristiques, marchands ou de loisirs…) »

 

Par ailleurs la vision humaniste de l’animal conduit ses adeptes à adopter la violence dans leurs messages qui tendent parfois à une volonté de lynchage du penseur bio, traité « d’intégriste », « d’éco-terroriste », voire de « khmer Vert » !!

 

La vision bio est une vision de responsabilité de l’être humain tant à l’égard de ses semblables qu’à l’égard des êtres vivants sensibles non humains.

 

Les deux visions humaniste et bio sont actuellement enchevêtrées. Celle qui est la plus appropriée face aux questionnaires et défis annoncés deviendra naturellement majoritaire.

 

* Serge Lepeltier

** Michel Laval

*** rédigé par la CVN

 

Jean-Claude Hubert

Secrétaire Général de Tous  Vivants

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