Les fausses et vraies raisons de la crise alimentaire mondiale

Publié le par Isabelle SOUBIRAN

Qui peut rester insensible à la vue de ces corps meurtris par la souffrance et la famine. Qui peut rester insensible à ces bruyantes manifestations de colère contre le renchérissement brutal des denrées de première nécessité dans des pays dits émergents dont les frustrations, hélas, ne datent pas d’hier.

 

Les Etats et les gouvernements font semblant de découvrir soudain la catastrophe.

 

A quoi servent les instituts de recherche en « perspective » alimentaire ? Et s’il n’en existe pas pourquoi ?

 

Pourquoi, alors qu’on joue aux petits astronautes avec la station orbitale, comme Marie Antoinette jouait à la fermière dans son Petit Trianon, ne peut-on établir là, ici et maintenant, les grandes évolutions des capacités alimentaires de l’espèce humaine ?

 

L’actualité va vite : au pied du mur de l’imprévoyance, chefs d’Etat et ministres, banquiers et lobbies multiplient les déclarations.

 

Une catastrophe alimentaire au 21ème siècle, je ne sais pas, ou alors je suis naïf, mais pour moi, ça prend tout de suite un caractère surréaliste.

 

Les organisations mondialistes ne manquent pourtant pas. N’a-t-on pas vu les Etats renflouer les banques en faillites lors de l’escroquerie ….des subprimes  ? Que fait l’Organisation Mondiale du Commerce ?

 

Une des raisons invoquées : la spéculation ! Ou le droit d’affamer les autres !

S’il y a spéculation, c’est donc qu’il y a des spéculateurs. La spéculation est-elle interdite par la loi ? Qui sont ces spéculateurs ? Pourquoi ne sont-ils pas encadrés ? Surveillés ?

 

Autre raison : la hausse du pétrole due à la croissance de la demande (Chine et Inde)

 

Autre raison : l’accroissement de l’espace rural consacré aux biocarburants.

 

Autre raison : le développement de la consommation de viande avec pour conséquence l’augmentation catastrophique des surfaces consacrées à l’alimentation du bétail.

 

Et…et surtout….l’opposition aux ONG : « Au moment où le monde entier est frappé par une crise sans précédent sur les matières premières agricoles, on mesure à quel point cette question des OGM n’est pas qu’une question politique, mais un sujet économique. »(1)

 

Ainsi les « obscurantistes » qui souhaitent pérenniser une production-consommation sans OGM sont-ils coupables d’affamer ces peuples !!

 

Pas un média n’évoque la corruption, les guerres latentes qui détruisent toute économie.

 

Pas un média n’évoque le gâchis de la gestion des ressources, le fait d’avoir découragé ces peuples de leurs cultures vivrières en les rendant dépendants de nos exportations à bas pris de nos excédents.

 

Mais surtout pas un média n’évoque la surpopulation humaine mondiale !! Pas un média n’évoque ce dogme anachronique : « Croissez et multipliez », pas un média n’évoque le statut servile de la femme toujours bien présent dans de nombreux pays.

 

 

Cette excroissance de la démographie humaine, qu’il faudrait taire au nom de la croissance, devient même un alibi pour généraliser les cultures d’OGM :

 

« Comment demain, ou par exemple en 2025, lorsque la population du globe comptera 8 milliards d’individus, il sera possible d’assurer leur alimentation avec moins d’eau, moins de terres cultivées …et une demande de produits plus sophistiqués en termes de résistance aux changements climatiques ?

  On a beau tourner autour du pot : force est de reconnaître aujourd’hui que le seul moyen d’élever fortement les rendements agricoles, de lutter contre les pesticides, et de cultiver avec moins d’eau, nécessite l’utilisation intensive d’OGM. » (1)

 

Sans doute certaines de ces raisons ont – elles  leur part de responsabilité dans la crise alimentaire actuelle.

 

Mais ces raisons sont celles de la loi du marché, celles de la loi du profit,  celles de la loi de la croissance infinie sur une planète finie, celles de la discrimination la plus sauvage, celles des lobbies OGMistes…

 

Certes il est urgent de nourrir ponctuellement ces gens victimes de la cupidité des spéculateurs du « Vivant » mais il faut prendre conscience que seuls un changement du mode de pensée et un changement des mentalités permettront d’accéder au bien-être et à l’épanouissement de tout « Être Vivant Sensible » humain ou non humain.

 

(1)   Yves de Kerdrel, Le Figaro –mardi 15 avril 2008

 

Jean-Claude Hubert

Secrétaire Général de « Tous Vivants »

Publié dans Actualités

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